Interview Oh My Book
- Amelie Marmonier

- 9 juin
- 11 min de lecture

Quand on pense à Oh My Book, on imagine immédiatement des événements littéraires inspirants, des rencontres, une communauté vivante autour des livres. Et c’est vrai : c’est ainsi que Chloé et Inès se sont faites connaître. Mais réduire Oh My Book à ses événements serait passer à côté de l’essentiel.
Aujourd’hui, Oh My Book est bien plus qu’une simple organisation d’événements : c’est une véritable agence littéraire, un partenaire de confiance pour tous ceux qui évoluent dans l’univers du livre. Que vous soyez auteur(e)s, libraires, entrepreneurs(euses) ou passionné(e)s en devenir, la mission de Oh My Book est claire : accompagner chaque projet de A à Z, de la première idée jusqu’à sa concrétisation.
Dans cette interview, elles reviennent sur ce qui les anime profondément : ne plus laisser les créateurs/créatrices avancer seul(e)s, et leur offrir les outils, le soutien et l’expertise nécessaires pour donner vie à leurs ambitions littéraires.

1. Les débuts de Oh My Book
Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous parler un peu de votre parcours ?
Par où commencer... Oh My Book, à la base, c'est nous deux. Moi, c'est Chloé. J'ai lancé mes premiers projets entrepreneuriaux à 14 ans. Je ne saurais même pas vraiment expliquer pourquoi, j'avais juste ce truc en moi, cette envie de créer, de faire, de bouger. La communication, l'entrepreneuriat, ce mélange entre les deux... je ne me voyais pas faire autre chose. J'allais commencer ma première année en communication quand j'ai vu passer une publication sur les réseaux, celle d'Inès.
Inès était en troisième année de communication. Elle avait déjà ce bagage, ces expériences, et même une belle communauté autour de la littérature en tant qu'influenceuse littéraire. Elle voulait créer des événements pour les lecteurs. Et moi, lectrice depuis toujours comme elle, j'ai juste envoyé un message. Quelque chose comme : "Est-ce que ça te dirait que je t'aide à lancer ça ?"
Au départ, j'imaginais juste l'accompagner, faire la communication, l'aider sur le côté entrepreneurial. Mais petit à petit, je me suis tellement attachée à ce projet que je suis devenue co-fondatrice. Ça s'est fait naturellement, sans qu'on l'ait vraiment décidé. C'est devenu notre projet à toutes les deux.
Comment est née l’idée de créer Oh My Book ?
On s'est rencontrées, on a commencé à parler, et on a réalisé qu'on avait toutes les deux cette même envie un peu folle : organiser des événements littéraires, oui, mais surtout partager un message. Une nouvelle façon de vivre la littérature. Quelque chose qui casse complètement les codes. L'idée, c'était faire exister un livre en dehors de ses pages. Faire vivre son univers, ses émotions, ses personnages, à travers des décorations, des animations, des formats qu'on n'avait jamais vus avant. Un speed meeting, un murder mystery, un atelier de yoga inspiré d'un roman, un run club... des idées où le livre n'est plus juste un objet qu'on pose sur une table. On le vit. On s'y attache autrement. On crée des émotions, on crée des rencontres.
Oh My Book a toujours été de faire vivre la littérature autrement.
À quel moment avez-vous décidé de transformer cette idée en véritable projet ?
Honnêtement, ça ne s'est pas vraiment "décidé". Inès a publié un post, elle parlait de son envie de créer des événements. Et je lui ai répondu. C'est tout. Je pense qu'elle avait besoin de quelqu'un qui la pousse à se lancer à 100%, tandis que j'avais besoin de trouver CE projet, celui qui me donnerait la créativité et la passion que je cherche tous les jours.
On savait ce qu'on voulait. Il fallait juste savoir comment.
Comment se sont passés les débuts ? Est-ce que c’était facile de se lancer ?
Au début, c'était de l'événementiel pur, et la vraie problématique c'était de se faire un nom dans un milieu qui évoluait vite. Et puis... on ne se connaissait pas avant. On a lancé un projet tout en apprenant à se connaître. Avec les périodes de stress, les angoisses, les moments où tu ne sais plus trop où tu en es. Mais toutes ces difficultés, on les a vécues comme des leçons. On vivait de notre passion, et ça, ça change tout. Les obstacles étaient réels, mais ils ne nous ont jamais semblé insurmontables. On voulait tester notre concept, avancer simplement, ne pas s'éparpiller. Et c'est ce qu'on a fait.

2. La création et l’évolution du projet
Quelles ont été les premières étapes concrètes pour lancer Oh My Book ?
La toute première étape, ça a été de se demander : qu'est-ce qu'on veut vraiment proposer ? On savait qu'on voulait faire des événements. Mais lesquels ? Comment ? Ça a commencé par nous, apprendre à travailler ensemble, comprendre qu'on est très différentes sur certains points, se répartir les rôles. Ensuite, les papiers administratifs, une présentation pour des entrepreneurs qui nous accompagnaient, un grand oral... Et puis on a organisé un premier événement pour voir ce que ça donnait. Et ça s'est construit comme ça, petit à petit.
Quels ont été les plus grands défis que vous avez rencontrés au début ?
Toutes les deux étudiantes, avec des rythmes d'école complètement différents, ça, c'était un vrai défi. Tu as des étoiles dans les yeux, plein d'idées, tu as envie de tout lancer maintenant, et finalement tu te retrouves à ne pas faire ce que tu avais prévu. Gérer la déception, la frustration, la pression extérieure et intérieure... c'est humain, mais c'est difficile. Le projet en lui-même avait ses propres obstacles, organiser des événements, ça amène son lot de surprises. Mais les vrais défis, c'était ça : comment on avance, toutes les deux, ensemble, même quand c'est compliqué.
Aujourd’hui, comment décririez-vous l’évolution de Oh My Book depuis sa création ?
Impressionnante. Vraiment. Au départ, c'était un petit projet qui voulait casser les codes de l'événementiel. Aujourd'hui, c'est une vraie agence littéraire. On crée de l'impact, on réunit des gens, on accompagne des projets. On a rendu la communication, l'événementiel, l'accompagnement éditorial accessibles, humains, bienveillants avec une image pop culture et girly qu'on a adoré porter. Et honnêtement, on a juste hâte de voir la suite.

3. Les événements et la communauté
Vous organisez régulièrement des événements autour de la romance : comment est venue cette idée ?
En réalité, il n’y a pas que de la romance ! On travaille sur tous les genres littéraires. Et c'est une force, parce qu'Inès et moi, on n'aime absolument pas les mêmes livres, ce qui veut dire qu'on peut accompagner une palette vraiment large de personnes et de projets. Si la romance est souvent associée à Oh My Book, c'est parce qu'on a su y créer des formats particulièrement vivants : des bookboyfriends incarnés par des acteurs, des mises en scène immersives... Mais on va bien au-delà.
Comment choisissez-vous les auteurs, partenaires ou thèmes de vos événements ?
Par nous, humainement. On nous soumet un livre, on le lit, et à partir de là, on cherche ce qui peut en être extrait pour créer quelque chose d'original. Si dans le roman un personnage pratique une activité, on imagine l'événement autour. Si l'atmosphère s'y prête on trouve le lieu, les animations qui font vivre cet univers. Chaque projet est différent. On n'a pas de recette.
Quelle place occupe la communauté de lecteurs dans votre projet ?
Elle est au cœur. C'est pour elle qu'on a commencé, c'est elle qui nous a fait avancer. On a écouté les lectrices qu'on est nous-mêmes, et c'est peut-être ce qui fait la vraie différence. On réinvente ce qu'on rêvait de vivre en tant que lectrices.
4. La visibilité et le succès
Oh My Book s’est fait connaître assez rapidement dans le milieu littéraire. Selon vous, qu’est-ce qui a contribué à cette visibilité ?
On sait communiquer, c'est notre domaine, nos études. On a créé du contenu. Mais surtout, on répondait à un vrai besoin, et on le faisait d'une façon qui n'existait pas encore. On a raconté notre histoire.
Y a-t-il eu un moment clé où vous avez réalisé que le projet prenait vraiment de l’ampleur ?
Le jour où au festival du livre on nous a reconnu et couru après. Franchement inoubliable.

5. Le côté agence littéraire
Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire évoluer Oh My Book ?
Avant tout, la passion. On a organisé beaucoup d’événements, et on a adoré ça. Mais à un moment, on s’est rendu compte que ce n’était plus suffisant. Oh My Book a pris de l’ampleur, et on avait envie d’aller plus loin dans la création.
Ça nous paraissait un peu incohérent de se limiter aux événements alors qu’on est toutes les deux spécialistes dans nos domaines. On faisait déjà de la communication, de l’entrepreneuriat, de la création de contenu en indépendant… donc pourquoi ne pas l’intégrer pleinement au projet ? C’est devenu une évidence.
Y avait-il un manque sur le marché ?
Oui, clairement. Il existe déjà beaucoup d’acteurs, mais pas avec notre approche. Notre manière de voir la communication, de créer du contenu, de raconter des histoires… ça, c’est propre à nous. Ce qu’on propose, ce n’est pas juste un service, c’est une sensibilité, une façon d’écrire et de transmettre. Et ça, ça ne se retrouve pas ailleurs.
Il n’y avait pas vraiment d’agence dédiée au monde du livre avec une vraie identité créative, une personnalité forte et surtout un niveau de sur-mesure aussi poussé. C’est ce qu’on a voulu créer.
Comment cette évolution s’est-elle concrètement faite ?
C’est venu assez naturellement. Avec Inès, on fait un point tous les six mois pour se demander où on en est et où on veut aller. Et lors de l’un de ces bilans, on a toutes les deux fait le même constat : l’événementiel, tel qu’on le proposait à ce moment-là, ne nous suffisait plus. On avait envie de faire mieux, d’aller plus loin, d’élargir notre impact. À partir de là, la suite s’est imposée assez naturellement.
Comment accompagnez-vous aujourd’hui les auteurs et les professionnels du livre ?
Aujourd’hui, on propose un accompagnement 100 % sur mesure, de A à Z, autour de leur projet. Concrètement, dès qu’un besoin touche à la communication, à l’accompagnement entrepreneurial ou éditorial, à l’événementiel ou encore aux partenariats, on peut intervenir à toutes les étapes.
Tout commence par un premier rendez-vous, entièrement gratuit. On prend environ trente minutes pour échanger : comprendre le projet, ce qu’il représente, pourquoi il existe, comment la personne souhaite le développer, et dans quels délais. C’est un vrai moment pour poser les bases. Ensuite, on présente notre agence et surtout la manière dont on peut aider, en fonction des besoins identifiés.
Pourquoi parler de sur-mesure ?
Parce que chaque projet est différent. À partir du premier échange, on construit une proposition adaptée, spécifique à la personne et à ses objectifs. On peut accompagner un auteur qui cherche simplement des conseils, comme quelqu’un qui veut déléguer toute sa création de contenu. On peut aussi travailler avec un entrepreneur qui a besoin de structurer son business plan, ou avec quelqu’un qui lance sa première offre dans le monde du livre et qui a besoin d’être guidé. Notre rôle, c’est d’être à la fois sur la stratégie et sur l’opérationnel, selon ce dont la personne a besoin.
Quels types de projets vous passionnent le plus ?
Honnêtement, on n’a pas de réponse unique… parce que tous les projets nous passionnent.
Que ce soit en fonction des genres littéraires ou des projets en eux-mêmes, tout est différent. Et c’est justement ça qu’on aime le plus : aucune journée ne se ressemble. On passe d’un univers à un autre, d’une problématique à une autre, et cette diversité est incroyable. C’est même ça qui rend notre métier aussi stimulant : cette capacité à naviguer entre des projets totalement opposés.
Quel est, selon vous, le plus grand défi aujourd’hui ?
Le plus grand défi, c’est l’accompagnement… et c’est sûrement pour ça qu’on a choisi de faire ce métier. Quand tu lances un projet littéraire, tu peux très vite te sentir seul, dépassé. Et à la moindre erreur, tu peux avoir envie d’abandonner, de tout remettre en question, ou prendre des décisions qui ne sont pas forcément les bonnes pour ton projet ou ton “business”, même en tant qu’auteur. Dans ces moments-là, avoir quelqu’un à ses côtés, c’est essentiel. Quelqu’un qui t’aide à prendre du recul, à voir plus clair, à savoir où aller. C’est même, selon nous, l’un des meilleurs investissements que tu puisses faire.
Mais il y a aussi un autre défi, plus profond : accepter l’aide… et accepter de se montrer tel qu’on est vraiment. Quand tu crées un projet, il y a forcément tes qualités, mais aussi tes défauts. Et le vrai travail, c’est d’aller jusqu’au bout de cette authenticité. De faire en sorte que toutes tes actions soient alignées avec qui tu es, et pas avec l’image que tu penses devoir renvoyer. Vouloir être parfait, ça freine énormément. Un projet n’est jamais parfait, mais il doit être sincère, incarné, avec une vraie identité. Et ça, c’est très difficile à construire seul.
Pourquoi l’accompagnement est-il si important ?
Parce qu’on ne peut pas tout faire seul. Et ça ne veut pas forcément dire être accompagné par une agence, ce n’est pas le sujet. L’important, c’est de ne pas rester isolé. Ça peut être des amis, de la famille, des partenaires… mais il faut des regards extérieurs. Quand tu es trop impliqué dans ton projet, tu ne peux plus te mettre à la place de ta cible. Tu es trop dedans. Et c’est là que l’accompagnement devient clé.
Y a-t-il un projet qui vous a particulièrement marquées ?
Il y en a un en cours… mais on ne peut pas encore trop en parler. On est en train d’organiser un événement autour d’une cause qui nous touche profondément : les violences faites aux femmes. C’est un projet très humain, très fort, et forcément, il a une place particulière pour nous. Pour l’instant, on est encore en pleine organisation, donc on garde un peu de mystère… mais c’est typiquement le genre de projet qui nous anime profondément.
6. Les coulisses
À quoi ressemble une journée ou une période de préparation avant un événement ?
Elle ne ressemble jamais à la veille. Un jour, on accompagne quelqu'un qui veut lancer une entreprise autour du livre, on travaille sur sa communication, son storytelling, son image. Le lendemain, un auteur nous envoie son manuscrit à relire. Ou une librairie a besoin d'aide pour sa création de contenu. Ou un graphiste cherche à se faire une place dans l'univers du livre. C'est toujours différent. Et c'est exactement ce qu'on aime.
Comment travaillez-vous ensemble au quotidien ?
Ça dépend des projets, des périodes, des clients. Ce qui est beau, c'est que nos études nourrissent constamment ce qu'on fait, on vit plein d'expériences en dehors de la littérature, on voit ce qui se fait ailleurs, et on l'importe dans notre travail. On n'est jamais uniquement focus sur Oh My Book, et paradoxalement, c'est peut-être ce qui fait notre force.

7. L’avenir
Quels sont les projets ou ambitions pour Oh My Book dans les mois ou années à venir ?
Continuer à grandir, à accompagner des projets qui nous touchent, à inventer des formats qu'on n'a pas encore vus. On fait le point régulièrement toutes les deux pour se demander où on en est, ce qu'on veut, comment on évolue. Ce rythme-là nous a permis de construire quelque chose de solide. Et on compte bien continuer.
8. Petits mots pour la fin
Un livre de romance que vous recommanderiez absolument ?
Chloé : My Missing Piece, sans hésitation.
Inès : Secret Défense d’Aimer de Axelle Auclair, une romance militaire vraiment drôle.
Une autrice ou un auteur qui vous inspire ?
Chloé : Dahlia Blake, l'autrice de Black Venus. Son parcours, son travail — je suis vraiment impressionnée.
Inès : Karine Giebel, ici on est plus sur le thriller psychologique mais elle a une plume prenante et dénonce les tristes réalités tout en faisant réfléchir sur la complexité humaine.
Un mot pour décrire Oh My Book ?
Expérience. Et peut-être aussi, humain. Parce que peu importe ce qu'on fait, un événement, un accompagnement, une relecture de manuscrit, une stratégie de communication, on essaie toujours de le faire vivre comme quelque chose d'unique. Une expérience de A à Z !
Une anecdote drôle à raconter ?
Un jour, quelqu'un de notre communauté a inventé une histoire d'amour entre Inès et moi. Persuadés qu'on était amoureuses. Complètement convaincu. Et franchement, ça illustre bien la réalité d'un projet monté à deux, tu vois ton associée plus souvent que ta propre famille parfois. On vit tellement de choses ensemble que les gens projettent tout un roman. Littéralement…
Crédit photos : L'équipe Oh My Book




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